20 ans de Solexine

Posté le 30 novembre 2016
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Solexine est un Lîeu grenoblois qui a su accueillir des dizaines de personnes souvent désemparées pour affronter la vie et qui ont retrouvé par l’expression artistique et la rencontre des autres le pouvoir d’agir. Ils se sont embarqués dans l’aventure Capacitation Citoyenne dès 2000, date d’édition de leur livret réalisé avec Martine Toulotte: Livret Solexine
Chers vous, artistes, partenaires, donateurs, voisins, amis,
Un petit mail pour vous inviter aux 20 ans de Solexine le samedi 10 et dimanche 11 décembre prochain!
Certains, certaines d’entre vous ont entendu parler des difficultés que rencontre Solexine : une fermeture en vue, faute de financements suffisants pour assurer le fonctionnement…
Mais c’est aussi les 20 ans d’existence de ce lieu où se fabriquent de l’art et de l’humain, où s’invente un espace d’expression artistique, d’expression de soi sans jugement et au rythme de chacun.
Ces 20 ans seront festifs, joyeux quoi qu’il arrive, mais nous en profiterons également pour informer, mobiliser autour de cette question “quel avenir pour Solexine?”.
Vos présences seront précieuses pour nous.
Au programme :
un musée, des projections de documentaires sur le projet associatif, du MADE IN SOLEXINE : projection de courts métrages, un concert de l’atelier vocal, des impros clowns, des lectures et de quoi festoyer bon et grand :  un apéro fanfare, un repas autour de grandes tables partagées, une buvette, un concert, un laché de 100 ballons rouges porteurs de messages d’avenir, de fantaisie, de poésie.Retrouvez le détail / horaires sur la page Face Book (lien ci dessous), pas besoin d’un profil  Face Book pour consulter la page.

Infos événement 20 ans solexine

Le repas et le concert sont payants (ou formule repas + concert),
Pour le repas
(limité à 100 couverts), comme pour le concert il est nécessaire de réserver  par mail : solexine/@orange.fr (objet : 20 ans) / par tel : 04.76.96.18.18
N’hésitez pas à faire circuler cette invitation.

Nous espérons vous avoir à nos côtés pour ce grand moment.

Vous ne pouvez être des nôtres mais avez une grande envie de nous dire un petit mot, de témoigner de votre passage, d’un moment partagé, nous lirons avec joie vos mails en retour.
Solexinement,

Les salariés, les adhérents, le CA


Rencontre sur les Lîeux disponibles

Posté le 18 novembre 2016

Le 23 septembre 2016, Capacitation Citoyenne a rassemblé près de 80 personnes venues de tous les coins de la France et de la Belgique autour du thème des Lîeux disponibles. Ceci dans un Lîeu bien particulier, le site des Grands Voisins, ancien hôpital Saint Vincent de Paul à Paris. Une journée de visite et de débat qui a permis de croiser plusieurs expériences de ces nouveaux Lîeux qui inventent de nouvelles façons de faire ensemble, de renouveler la ville ou le rural, de fabriquer du commun. Le lendemain, Capacitation Citoyenne s’est associé avec d’autres, comme Pas Sans Nous ou La Belle Démocratie pour faire une belle résurgence sur la place de la République et ainsi écrire une page de plus dans le livre de Nuit Debout. Quelques extraits de nos débats!


Pas sans Nous propose un fonds pour une Démocratie d’initiative citoyenne

Posté le 29 octobre 2016

Après Marseille, Rennes, Montpellier et Autun, la Coordination Pas sans Nous vous attend à Paris !

Rejoignez-nous à La Goutte-d’Or – Paris 18ème, 9 rue Saint Bruno à 14h

L’occasion d’échanger et de débattre sur la situation dans les quartiers prioritaires, les discriminations et l’islamophobie, mais aussi d’annoncer le lancement officiel de la campagne pour le Fonds pour une Démocratie d’Initiative Citoyenne !

https://www.powerfoule.org/campaigns/démocratie/passansnous/pour-une-démocratie-d’initiative-citoyenne

Un fonds pour faire vivre la démocratie,
Un fonds pour le pouvoir des habitants,
qui sont les meilleurs experts de la vie dans leur quartier !

Cette initiative ne pourra pas se faire sans vous !

Venez nombreux !


« Parlons-en » à Grenoble, le film

Posté le 19 octobre 2016

Le “Parlons-en” est un rendez-vous fixe des habitants de la rue et des personnes en précarité, chaque deuxième jeudi du mois à Grenoble. Les participants sont aussi les responsables, ils prennent des initiatives pour inventer des projets qui améliorent leur propre vie de galère. Conduit depuis un an par une collégiale impliquant des gens de la rue comme les militants associatifs, le “Parlons-en” a jugé important de se montrer au delà de ses rendez-vous mensuels, c’est de cette idée qu’est né le film que nous vous proposons ici.


Rencontre des Lîeux disponibles aux Grands Voisins, retour en quelques mots

Posté le 19 octobre 2016

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esPAScesPOSSIBLES a participé à la rencontre du 23 septembre aux Grands Voisins à Paris et nous propose un bien joli retour:

Le 23 septembre dernier, nous étions à Paris pour une journée de rencontre organisée par le réseau Capacitation-Citoyenne. Histoire de vous mettre l’eau à la bouche et de vous motiver pour les prochaines rencontres, nous faisons ici un petit retour rapide de cette journée, avant les comptes-rendus écrits et filmés de Capacitation-Citoyenne.

Le sujet de la rencontre était les « Lîeux ». Ces Lîeux qui ne peuvent pas être définis par une seule fonction. Ils ne sont ni uniquement café, ni lieu de rencontres, ni habitat, ni scène de concerts, ni tiers-lieux, ni jardin… Ils sont un peu tout ça à la fois. Des Lîeux disponibles, que l’on peut s’approprier pour un temps, éphémère ou permanent, pour partager une passion, mettre en commun nos énergies, faire ce qui semble impossible seul. Des Lîeux qui participent à changer notre vision des rapports sociaux, de la ville, avant peut-être la société ? Ces Lîeux, il en pousse partout mais est-ce seulement un phénomène de mode pour une frange de la population ? Y a-t-il besoin de quelque chose pour les faire émerger ? Qu’ils soient plus entendus ou reconnus ? Qu’ils traversent tous les spectres de la population ?

Nous avons passé un bien chouette moment, où le temps était laissé pour discuter informellement les uns avec les autres, venus de tous horizons, des Lîeux de vocations diverses : Lîeux d’expression, Lîeux à prendre, Lîeux où apprendre, Lîeux de déconstruction des schémas dominants, Lîeux de construction collective, Lîeux de reconstruction personnelle… Bref, on a vu que tous ces Lîeux n’étaient que des coquilles faites pour déborder du projet initial, être l’espace de tous les possibles, faire monter la mayonnaise de l’énergie sociale.
On a causé l’après-midi des conditions de décollage de ces lieux disponibles :
D’abord avoir une idée, un projet, une perspective en commun, un noyau dur de motivés, une capacité à construire ensemble. […] Trouver un bâtiment libre ou libéré, un lieu comme moyen et comme but en soi. […] Définir une organisation collective qui évite l’accaparement du projet par quelques uns, laisse le droit à créer pour tous, mélange les psychologies individuelles. […] Permette une appropriation aisée pour les nouveaux participants […] Rendre visibles les personnes à leurs propres yeux. […] Privilégier une petite équipe d’animation pour plus de réactivité et concilier, le quotidien pour ces lieux, l’urgence et le long terme. […] Penser les moyens de transmission. […] Garder en tête une des grandes motivations du départ : susciter le désir et prendre plaisir.

Survient la question de la bonne taille. Comment la trouver ? Comment ne pas se perdre à un degré institutionnel, ne pas se faire absorber par la bureaucratie qu’on peut créer ? Vaudrait-il mieux essaimer et se multiplier plutôt que de trop grossir ?

Puis on a discuté de ces obstacles qui peuvent tuer les lieux :
Une obligation de résultats qui nous enferme. […] Des règles de fonctionnement de la communauté mal définies. […] Un manque d’ouverture dans l’administration ou l’animation, conduisant à un accaparement ou un entre-soi. […] L’absence de lien avec le territoire. […] Une source de financement unique et extérieure. […] La récupération marchande ou politique. […] Un pérennité qui fait oublier le sens. […] Une obligation de résultats. […] Le fait de maintenir à tout prix un lieu qui marche mal, mieux vaudrait céder face à vents et marées pour ne pas s’épuiser et redémarrer autre chose.
Si l’on n’a pas eu le temps d’approfondir sur ce que serait un réseau national des lieux (outil de réflexion, de débats, de rencontres, d’alimentation d’un guide du routard des lieux ?), on a bien vu que tous ces lieux-îlots d’espoir, de liberté, de tests de processus, font mouvement. Un mouvement qui ne sait pas encore exactement vers où il veut aller mais qui saurait déjà ce dont il ne veut pas. Et avant un réseau national, l’enjeu serait déjà au niveau local de transformer ces îlots en archipels de Lîeux, réseau d’action et de mise en commun.

Les Lîeux doivent aussi soigner leur image, être attentifs au récit du lieu, à ce qu’il donne à voir, à ce que les gens ne retiennent pas seulement l’image de hippies ou de 68ards attardés pour pouvoir élargir. Ce n’est pas avec un discours politique trop consistant qu’on va aller vers les gens mais par l’action.

Et en parlant de récits, en attendant d’autres événements, Capacitation Citoyenne compte rééditer bientôt leur premier livret de 13 lieux et propose de l’augmenter.

Comme eux, nous vous invitons, vous animateurs ou usagers de Lîeux, à leur envoyer un petit récit de votre Lîeu ( à pierre@capasol.fr ), dans une forme similaire aux autres, mélange entre la carte postale et le carnet de voyage, d’une longueur d’une courte page.

Histoire de se donner à voir et de de fournir des étapes à nos et vos pérégrinations hexagonales.


08/10 – Liège (BE) – RENCONTRE : L’interculturalité, on en a marre qu’ils en parlent, on la vit tous les jours!

Posté le 3 octobre 2016

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Ces dernières années, les enjeux liés à l’interculturalité sont au centre de bien des préoccupations. Les politiques publiques en la matière ne cessent de se réinventer, les colloques et recherches académiques se multiplient, l’organisation scolaire et la culture tentent d’apporter leurs réponses… De partout on nous exhorte à promouvoir le vivre ensemble, à renforcer la cohésion sociale, à favoriser l’intégration…

Et les citoyens dans tout ça ? Qu’en pensent-ils ? Ils n’ont pas attendu ces injonctions pour vivre tous les jours l’interculturalité, avec ses richesses et ses défi s, au sein de leurs organisations et activités.

LE 8 OCTOBRE, LA PAROLE EST AUX INITIATIVES CITOYENNES !
Cette rencontre ouverte à tous (citoyens, professionnels, pouvoirs publics…) donnera avant tout la parole à des collectifs/ groupes venus de Wallonie et Bruxelles pour qu’ils racontent leurs actions et leur façon de vivre et de croiser les cultures.

FIL DE LA JOURNÉE

  • 9h30 – Accueil et café
  • 10h00 – Présentation des collectifs et des participants, si possible sous la forme de photos, vidéos, musiques, seynette…
  •  12h30 – Repas (gratuit mais sur inscription)
  • 14h00 – Echanges sur : « Et maintenant, qu’est-ce qu’on peut/veut faire ?
  • 16h00 – Débat fi nal et défi nition collective des étapes et perspectives
  • 16h30 – Clôture

INFORMATIONS PRATIQUES

  • Inscrivez-vous par mail ou téléphone (GRATUIT): Periferia aisbl (Déborah) – +32(0)2/544.07.93 – deborah@periferia.be
  • Date : Samedi 8 octobre 2016 de 9h30 à 16h30
  • Lieu : Auberge de Jeunesse « Georges Simenon » Rue Georges Simenon 2, 4020 Liège
  • Accès depuis la gare de Liège-Guillemins: Devant la gare des Guillemins, prendre le bus n°4 (direction Bavière) sur le quai d’embarquement A. Descendre à l’arrêt Bavière (terminus) et marcher jusqu’à l’auberge (400m).

Préparer le 23 septembre aux Grands Voisins, à Paris

Posté le 29 juin 2016

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Comme annoncé précédemment, la prochaine rencontre Capacitation Citoyenne aura lieu à Paris, au cœur du site des « Grands Voisins », l’ancien hôpital Saint Vincent de Paul avenue Denfert-Rochereau. Engagée sur l’idée de « Lîeux disponibles », cette journée se prépare avec de nombreux Lîeux existants que nous allons décrire peu à peu durant l’été par des « cartes postales » que nous vous proposons de retrouver ici.

Et voici la première esquisse de programme:

Programme de la rencontre Capacitation Citoyenne du vendredi 23 septembre

les Lîeux

aux Grands Voisins, Fabrique de biens communs installée dans l’ancien hôpital Saint-Vincent-de-Paul à Paris

 

9h accueil, et installation des Lîeux, 10h visite guidée des Lîeux installés sur place pour la journée, 12h visite guidée des Grands Voisins, 13h déjeuner, 14h Atelierspeed : les Conditions des Lîeux : • un local ? • des moyens financiers ? • un programme ? • une durabilité ? • un événement ? • … … … 15h 30 : Ateliers : que manque-t-il très vite aux Lîeux ? • un Festival au printemps prochain ? • un réseautage dans la diversité ? • un Agenda collectif des évènements ? • … … … 17h : selon le choix des participants, approfondissement de propositions issues des ateliers, et organisation primaire des suites à donner vers 18h fin des travaux

le lendemain, samedi 24 septembre après midi, participation aux actions de la « Journée de la transition citoyenne pour amplifier la visibilité des initiatives locales et inviter les citoyens à s’engager», pour présenter des exemples concrets de ce que peuvent être les Lîeux sur la place de la République avec Nuit debout/la belle Démocratie/Pas Sans Nous/Les jours heureux.

Vous inscrire en France :

auprès de anne et Pierre au 06 84 20 53 21, pierre@capasol.fr           ou Félix au 06 25 94 59 13, contact@capacites.net

et Arnaud en Belgique au 0032472207347 arnaud@periferia.be

Y venir : 82, Avenue Denfert-Rochereau 75 014 Paris

Métro Denfert Rochereau / RER B Port Royal / Bus 38 et N1

Et voici quelques cartes postales de l’été qui vous parlent de certains des Lîeux qui seront avec nous le 23 septembre

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Les 100 lieux des sans lieu

Posté le 26 mai 2016

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Samedi 11 juin 2016 10h/17h Jardin de Ville de Grenoble

Sans toit ou mal-logé-es, précaires ou en galère, on passe de lieu en lieu pour dormir, manger, se laver, s’abriter, se loger, faire ses papiers, mais aussi construire des projets, monter des actions collectives… Les lieux manquants, on les imagine, on les demande, on se les approprie. Une journée de fête, de débat et de rencontres pour parler de ce que c’est qu’habiter à la rue, des parcours dans la ville, des projets

Au programme : Matin : Atelier de bricolage – venez construire la « Maison à ciel ouvert » Midi : buffet et concerts 14h : « Sans toit… sans voix ? Les initiatives des habitant-es de la rue à Grenoble » 16h/18h : présentation des projets et collectifs, discussions… en musique. Un espace ouvert à toutes les initiatives!

contact


Retiens La Nuit ! …

Posté le 3 mai 2016
Edgar Morin, Philippe Lemoine, Patrick Viveret, Claude Alphandery, Geneviève Ancel, Jean-Baptiste de Foucault et Bénédicte Fumey, Alain Caillé, Andréa Caro, Yann Moulier-Boutang, Michel Wieviorka, Jean-Pierre Worms.

RETIENS LA NUIT ! …

Soutenons Nuit Debout et n’éteignons pas la flamme qui s’est allumée.

Lire l’appel et signer ici


Avril 2016, le temps du rebond pour Capacitation Citoyenne

Posté le 21 avril 2016

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dimanche 41 mars 2016, Place de la République à Paris, Nuit debout

Les présages de Capacitation Citoyenne sont « entrés en réalité » avec violence : si l’on n’est pas capable de « faire société », alors le repli vers l’entre-soi se systématise et la barbarie s’impose. CHARLIE et le super-marché Casher, puis le stade de France, le centre de Paris et le Bataclan, le Front National en tête du premier tour des élections régionales et maintenant, les attentats de Bruxelles ont fait entrer la France et la Belgique dans les territoires du terrorisme et de la xénophobie.
Le 31 janvier 2015, Capacitation Citoyenne improvisait une rencontre à Montreuil, « CHARLIE, et après ». Puis les rencontres de Rhône-Alpes et la rencontre finale du 27 novembre 2015 à Grenoble revenaient elles aussi sur ces évènements, et posaient la question du sens du réseau au bout de quinze ans d’existence.
La question est d’autant plus vive que l’une des structures porteuses de l’animation du réseau, «arpenteurs», a du fermer ses portes et que globalement les financements publics qui soutenaient le projet se sont amenuisés ou même ont disparu.
C’est donc bien une urgence de reposer la question du sens, des raisons, des principes de nécessité, « so wath ? ».

Nous avons interrogé quelques « anciens » de Capacitation Citoyenne, qui nous confirment que l’écriture de livrets, la réalisation de films ont permis de révéler des compétences, des savoir-faire, des expériences et de les croiser. Mais surtout, que ça a permis de transformer le regard que l’on porte sur soi-même, de renforcer chacun une dignité, une fierté qu’on ne soupçonnait pas et qui conforte les capacités d’agir. Ils confirment aussi que les rencontres sont fondatrices, il n’existe pas assez de lieux de croisement des différences, comme Capacitation Citoyenne a pu en réaliser.
Mais après, après autant de productions – presque une centaine de livrets, des dizaines de films, des sites Internet d’une richesse impressionnante mais que peu de gens consultent – et si peu de demandes pour continuer, faut-il s’acharner?

Le travail réalisé en 2015 avec les groupes de Rhône-Alpes autour de la recherche des conditions de l’amélioration du « pouvoir d’agir » nous éclaire.
Difficile de trouver les pistes crédibles d’un changement et d’une amélioration de notre société dans un projet porté par le politique avec un discours incantatoire qui n’implique pas les gens. C’est d’évidence par les projets émergeant de rencontres entre les gens, sur leur territoire de vie et pour une transformation immédiate que peut renaître le désir de faire. Et c’est sans doute par la mise en lien de ces énergies renaissantes que l’on peut espérer faire mouvement, créer l’intelligence collective dont notre société a besoin pour se transformer.
Tous les débats, échanges et travaux que nous avons entrepris ces derniers temps révèlent la rareté des lieux d’émergence de ces projets de transformation. Ce ne sont pas les valeurs, ni les idées, ni les énergies qui manquent, ce sont les espaces disponibles à leur reconnaissance et à une germination collective.

D’aucuns parlent de « tiers lieux », nous avons souvent utilisé les termes d’espaces publics de débat, il s’agit de ces lieux disponibles, ouverts, capables d’accueillir les différences et les étranges. Ils sont rares, mais efficaces.
Nous les avons rencontrés ou accompagnés quelquefois, par exemple avec le « Parlons-en » de Charleroi, puis celui de Grenoble où les habitants de la rue rencontrent une fois par mois les associations, les citoyens et quelquefois les élus et d’où émergent des projets de changement comme le collectif « Mort De Rue », « La Piscine, fabrique de solutions pour l’habitat », bientôt « le chenil solidaire » ou « le LÎEU ». C’est sans doute aussi la « Tartinerie » de Sarant où une librairie devient le lieu de rassemblement des énergies transformatrices du Gers. C’est la « Chimère » à Grenoble où des « patrons » croisent des Rmistes et imaginent des coopérations. C’est la rencontre des habitants du quartier de la Tarantaize à Saint-Etienne qui va initier un projet de partage de poèmes au Babet pour réagir contre l’arabophobie. C’est le Réseau Paul Bert à Bordeaux, centre social qui commence par un café restaurant ouvert sur l’espace public pour accepter l’improbable comme processus de fécondation de projets. C’est la « Cabane à Gratter » à Bordeaux où rien n’est préparé sauf la cabane dans l’espace public, prête à accueillir les habitants de la rue autant que les enfants de passage…

Tous ces lieux sont disponibles, ouverts, sans projet prédéterminé, sans a priori thématique. Ils sont pour la plupart décalés de l’action publique qui ne peut les classer dans un registre ou sur des objectifs précis. Ce sont pourtant les laboratoires de transformation concrète de la société.
Depuis le 31 mars, les places de la République confirment que la nécessité de se retrouver dans l’espace public pour réfléchir, travailler ensemble est devenue vitale pour un plus grand nombre encore.

Ces lieux ont besoin d’être reconnus, de se connaître entre eux, de consigner leurs expériences et de se renforcer par leur coopération en réseau. Ils ne peuvent bien souvent pas y parvenir, enchaînés à leur quotidien, à leur territoire en demande, à leur existence de survie.
Ils se heurtent souvent à des questions de fonctionnement, reposent les principes de vie des collectifs, interrogent les formes de la démocratie, cherchent les indispensables de l’efficacité. Comment mieux mobiliser, accueillir et rester ouvert, décider ensemble, déléguer, être légitime face aux institutions, face aux questions d’argent ?… Et l’on ne peut compter sur des réponses préconçues, il convient de refonder l’idée même de collectif.

Capacitation Citoyenne est un espace disponible pour leurs croisements. C’est à dire un espace de confirmation de leur valeur, un espace d’enrichissement par la rencontre des autres. Un espace d’émergence de projets de changement d’échelle, de projets qui mettent en lien des territoires éloignés et introduit une dynamique systémique : faire réseau, faire mouvement, faire société. Enfin, c’est un lieu possible pour retravailler collectivement et dans l’altérité le fonctionnement du collectif, les formes de la démocratie, les outils du pouvoir d’agir et de l’émancipation.
Si l’on considère ces « tiers lieux » comme des laboratoires expérimentaux, peut-on les imaginer sans les instruments de visibilité de leurs actions ? À la manière de la recherche scientifique, on a besoin d’éditer et de publier les avancées, d’organiser des rencontres qui présentent et confrontent ces avancées, d’échanger sur les outils et les méthodes. C’est là que devient rare et précieux le « tiers lieu » que représente Capacitation Citoyenne.

Voilà sans doute une piste nouvelle pour confirmer la nécessité de Capacitation Citoyenne. C’est cette piste qui pourrait être l’argument d’une rencontre prochaine, avec bien sûr, tous les collectifs déjà actifs dans le réseau, mais ouverte largement à ces nouveaux lieux qui apparaissent partout. Peut-on discuter collectivement ces principes de la nécessité de Capacitation Citoyenne et imaginer les outils, les moyens, les actions du réseau correspondent à ces principes ?
C’est aussi l’occasion de connecter Capacitation Citoyenne aux réseaux citoyens qui portent aujourd’hui les ferments d’un renouveau démocratique et politique. Nous pensons à Nuit debout, bien sûr, mais aussi au « Pouvoir citoyen en marche », « Pas sans nous », et les nombreuses plates-formes associatives en action. Ainsi, les collectifs de Capacitation Citoyenne qui sont en lutte sur le logement ou l’hébergement, sur la santé, sur le droit à la culture, sur le droit des handicapés, sur le droit des femmes, contre l’isolement, contre la violence institutionnelle ou contre le racisme pourraient rejoindre les luttes citoyennes.

Toutes ces questions et orientations ne peuvent devenir effectives sans un travail collectif qui pourrait être l’argument d’une prochaine rencontre. Pour cela, tout est à penser, à réinventer, puisque nous devrons rassembler la diversité des partenaires de Capacitation Citoyenne sans nous appuyer sur un financement institutionnel.
Pouvons nous compter sur vous pour engager la préparation de cette rencontre qui pourrait se dérouler le 23 septembre 2016 à Paris ?
Renvoyez nous vite vos réactions, vos disponibilités, vos moyens pour accueillir ou pour accompagner d’autres acteurs, vos idées pour inviter l’un ou l’autre de vos connaissances et réseaux qui apporterait un éclairage intéressant à ce positionnement, bref, commençons à agir!

contact: Pierre Mahey