« après : Charlie… et après ? »

Feuilleton, épisode 1

Samedi 31 janvier 2015 à Montreuil-sous-Bois

Nous étions une quarantaine d’êtres humains entourés par une petite quarantaine de communications en textes ou en dessins transmis par d’autres êtres humains et accompagnés par une bonne quarantaine de messages de soutien d’autres qui auraient bien voulu être avec nous.

Nous ne pouvions pas nous laisser retomber du sursaut d’horreur qui nous avait réellement ou pas poussés dans la rue, poussés à crier plus ou moins silencieusement « nous sommes ensemble face à la barbarie ».

Nous ne nous résignions pas aux clichés ni à la perplexité, aux insultes ni aux stigmatisations, aux récupérations ni aux amalgames.

Nous cherchions comment faire, comment répondre, comme réagir, comment agir, comment réfléchir, dans nos situations personnelles si particulières où pourtant nous nous sentons dans la nécessité et le plaisir de faire société.

Nous voulions échanger avec d’autres êtres humains aussi choqués que nous, et différemment pourtant. Nous voulions nous rencontrer réellement, après les échanges par la voie des ondes ou des regards complices. Nous ne voulions pas céder à la passivité, nous voulions nous parler sans plus attendre.

Alors, sur cette proposition bricolée dans l’urgence, nous avons pris nos armes : nos cœurs et nos cris, nos langues et nos crayons, un bout de corde à linge et des post-it, une caméra et deux appareils photos, un preneur de son et un créateur de radio…

Et cette après-midi de samedi entre début de printemps et fin d’hiver, dans une rue de la Révolution pleine de sapeurs-pompiers, dans un espace portant le nom de Garibaldi, républicain et internationaliste italien, dans une salle toute petite mais très bien chauffée, nous avons commencé à fabriquer un après Charlie où nous pouvons être tous différents, tous ensemble.

Une réponse à “« après : Charlie… et après ? »”

  1. anne dit :

    Pourquoi ne parle-t-on pas de crimes de déséquilibrés, peut-être instrumentalisés mais pour moi ce ne sont ni des attentats, ni du terrorisme
    Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde. » Albert Camus

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