Rencontre de Roubaix 22 et 23 juin 2oo7

La vidéo de présentation seule (1'07'')

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Atelier travailler mieux avec les élus

Que peut-on améliorer dans nos façons de travailler avec les élus ? Que faut-il changer chez les citoyens, chez les élus, chez les professionnels pour développer une participation efficace ?

La rencontre régulière avec les élus est indispensable, pas seulement au moment des campagnes électorales, ni seulement pour s'exprimer un quart d'heure et disparaître ensuite. Il faut que les élus prennent le temps d'écouter, de participer au même titre que les autres aux débats. Ne peut-on pas considérer que nous sommes tous, dans ces lieux de débat, avant tout citoyens, sur un même pied d'égalité ?

La culture de la participation a aussi besoin d'être comprise par les professionnels. Ils doivent être de véritable relais, sans être ni des filtres, ni des bloqueurs de processus, ce qu'ils peuvent être malgré tout souvent. C'est un savoir faire, une compétence que de présenter des projets de manière intelligible pour tous. Il faut aussi que les procédures de projet intègrent le temps de la concertation avec des consignations régulières, l'affichage des échéances, une organisation spécialisée de la participation.

Pour faire avancer les droits fondamentaux, par exemple le droit au logement qui revient fortement dans nos débats, il faut sans doute convaincre au sein des organisations politiques, s'allier aux militants politiques.

Le sentiment souvent ressenti par les gens est celui de ne pas être entendu. Les élus utilisent la langue de bois pour éviter de répondre à des questions sur lesquelles ils sont mal à l'aise et sur lesquelles sans doute ils n'ont pas de réponse. Est-ce que les citoyens accepteraient facilement que les élus l'avouent et qu'ils proposent simplement que ces questions deviennent des projets à construire ensemble ? Le dialogue "question/réponse" n'est pas suffisant, il faut que la participation permette de co-produire, dans une coopération même conflictuelle.

Comment gérer le temps, le temps de l'action politique qui nécessite, après la prise de conscience de quelques-uns, la mise en route de la lourde machine qui consiste à convaincre d'autres élus, puis à énoncer et faire voter les changements, puis les mettre en œuvre ?… Les citoyens concernés ont souvent le sentiment d'avoir été oubliés en route. Et comment gérer l'organisation thématique et cloisonnée de nos administrations qui ne permettent pas d’accéder à l'interlocuteur adéquat ?

Travailler avec les élus (vidéo 8')

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Il y a des élus avec lesquels il sera plus difficile de travailler qu'avec d'autres. Sans doute faut-il trouver ceux qui sont intéressés par ce qu'on défend et faire alliance avec eux sur des projets. Comme avec les médias qui peuvent aider une idée à avancer, à condition qu'on arrive à les intéresser, peut-être en créant l'événement.

Sans doute faut-il aussi se préparer, travailler collectivement avant les rencontres, avant les débats, construire des paroles collectives qui seules pourront être reconnues de valeur face à la multitude de demandes individuelles à laquelle sont soumis les élus en permanence.

Il convient de disposer de lieux pérennes et bien organisés qui permettent la rencontre et le débat avec les élus. Existent-ils ? On ne peut se contenter de réunions dans lesquelles les élus sont à la fois la force invitante, les animateurs des débats, ceux qui déterminent les ordres du jour et finalement, ceux qui décident ailleurs.

Pour les précaires, les plus fragiles, s'exprimer au Conseil Communal, être entendu, ça apporte une forme de dignité, qu'on tienne compte de leur avis les rend plus forts. Et les élus qu'est-ce qu'ils ont a y gagner ?

Rencontre avec les élus

Madame Christiane Vienne, Ministre Wallon des affaires sociales, Monsieur José Vermandere, élu de Manage, Monsieur Edouard Schoene, Conseiller Municipal de la ville de Fontaine et Monsieur Michel Joncquel, ancien Conseiller Municipal de la ville de Grande-Synthe

  • Michel : On n'est pas toujours préparé à prendre les responsabilités d'une collectivité locale, comme signer des marchés publics importants. Le travail avec les citoyens permet à l'élu de s'assurer qu'il ne se trompe pas sur les besoins, et d’avoir des arguments plus forts.
  • Christiane : Les élus doivent être modestes, ne pas donner l'illusion qu'ils ont réponse à tout. Chacun a sa compétence et ne peut pas facilement empiéter sur le territoire des autres élus.
  • Christiane, Edouard,: On est élu sur un programme dans lequel même si les choses évoluent le long du mandat, il reste des éléments non-négociables. Mais le temps de la mise en œuvre est tel que les élus arrivent à la fin de leur mandat avec la peur de ne pas avoir pu réaliser leurs objectifs.
  • Edouard : Il ne suffit pas de venir devant la population pour être un bon élu. Si c'est pour faire de la démagogie ou pour monter les citoyens les uns contre les autres, c'est dangereux. On doit oser rêver avec les gens pour imaginer un monde meilleur.
  • Christiane : Les élus, surtout au niveau Régional, travaillent à la mise en œuvre de réponses collectives et globales, mais certains cas particuliers ne s'y retrouvent pas et c'est aux services de proximité de faire des réponses particulières. Il faut donc des interlocuteurs qui aient élaboré des propositions collectivement. Pour cela, la Région Wallonne finance des espaces citoyens, mais à part les réunions de Capacitation Citoyenne où Madame Vienne est invitée chaque année et où elle rencontre de nombreuses personnes, la plupart des lieux ne sont pas investis, restent vides et inactifs. Comment mobiliser ? Il faut sans doute changer les formes et les enjeux.
  • Edouard, José, Michel : Les élus ne peuvent agir seuls. Ils n'avancent que s'ils sont soutenus par une base citoyenne qui se responsabilise. Faut-il préconiser que les citoyens s'organisent en toute autonomie ? Ou faut-il construire des alliances de projet entre élus et citoyens pour faire bouger des lignes trop rigides ?

Rencontre avec les élus (vidéo 12')

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Il faudrait permettre la "convocation réciproque" : des jeunes rassemblés en collectifs convoquent des élus, puis plus tard, ce sont les élus qui demandent à rencontrer les jeunes…

Il faut sortir le politique de son image altérée, due à une mauvaise gouvernance et un manque de transparence. Les récents événements de Charleroi pèsent lourdement sur la crédibilité des élus.

Changer la politique, c'est aussi permettre à des citoyens militants, même s'ils sont issus de la grande précarité, de devenir des représentants politiques. À condition bien sûr qu'on ne se serve pas d'eux comme caution sans réel pouvoir.

 

Capacitation, ça sert à quoi ?

  • C'est une "boîte à truc",
  • C'est renforcer la légitimité de ce qu'on pense parce qu'on sait que d'autres le pensent,
  • C'est aider les politiques à réfléchir,
  • C'est la rencontre avec d'autres, découvrir d'autres réalités,
  • La preuve qu'autre chose est possible,
  • Ce sont des rapports humains qui donnent une énergie, qui rechargent,
  • Notre regard sur nous, sur les autres, sur des catégories de personnes est changé.

Mais il faut aller plus loin.

  • Il faut sortir de l'anonymat !
  • Il faut favoriser les modes d'expression artistique, diversifier les modes d'expression !
  • Il faut trouver les outils de représentation pour faire sentir, comprendre, à ceux qui ne viennent pas. La vidéo, des cassettes ou des DVD, le site avec les gens qu'on reconnaît, qui parlent.

Capacitation ??? (vidéo 4'10")

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Des idées

  • Organiser des "formations" pour passer le savoir faire d'animation et d'organisation de capacitation. Ou proposer lors de chaque rencontre d'associer quelqu'un d'un groupe à l'organisation, l'animation.
  • Inciter les groupes, ou bien des personnes, à écrire davantage dans les livrets ou la feuille ou pour les préparations de rencontres.
  • Mettre une "Caméra Capacitation" à disposition pour des événements qui s'organisent par un groupe et qui pourrait ainsi bénéficier de la restitution type capacitation. Ça donne de l'importance.
  • Organiser une conférence de presse, ou six conférences de presse dans six lieux simultanément.
  • Faire des rencontres régionales, une à Grenoble, une à Roubaix, une à Charleroi, avec un temps de retransmission commune sur Internet, mais qui permettraient d'inviter beaucoup plus de monde.
  • Organiser une rencontre autour de la jeunesse, avec les jeunes.
  • Organiser une rencontre autour de la notion de bénévolat.
  • Permettre à l'occasion d'une rencontre Capacitation Citoyenne aux professionnels de travailler sur la question des animateurs de rue.
  • Faire une rencontre à Montreuil et présenter le travail théâtral des Femmes de la Boissière.
  • Faire une rencontre dans l'agglomération grenobloise pour voir de visu ces "paradis" de la participation.
  • Créer un événement plus important, un "festival Capacitation Citoyenne".